Raoul Wallenberg (FR)

Raoul Wallenberg, a hero of humanity who inspired the Raoul Wallenberg Centre for Human Rights by embodying the compassion to care and the courage to act necessary for bettering the human condition.

RAOUL WALLENBERG

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En pareils moments, le mal dans le monde est d’une accablante lourdeur et il est alors tentant de céder au désespoir, ce qui ajoute au problème de la communauté internationale en tant que témoin d’actes d’atrocité et d’injustice. Il est donc tout à fait opportun que le 17 janvier – jour de la disparition de Raoul Wallenberg dans le Goulag soviétique en 1945 – ait été désigné Journée commémorative Raoul Wallenberg au Canada en l’honneur de ce héros disparu.

Raoul Wallenberg, un diplomate suédois, a été une source de lumière pendant les jours les plus sombres de l’Holocauste et même aujourd’hui, il demeure un modèle. Avant son arrivée à Budapest en juillet 1944, environ 430 000 Juifs hongrois avaient été déportés à Auschwitz en l’espace de dix semaines – le massacre le plus rapide, le plus cruel et le plus efficace du génocide mené par les nazis. Malgré tout, en 1944, Raoul Wallenberg a sauvé quelque 100 000 Juifs en six mois en Hongrie, démontrant ainsi qu’une seule personne ayant le courage d’aider et la volonté d’agir peut affronter le mal et transformer l’histoire.

Son héroïsme a été salué lors de l’exposition internationale qui a marqué le centenaire de sa naissance et qui s’intitulait « Je n’ai pas d’autre choix », ses propres mots qui témoignent d’un courage et d’un engagement hors du commun. La Société canadienne des postes a aussi dévoilé un timbre pour marquer le centenaire de ce Suédois non-juif, dont l’héroïsme incarne le principe talmudique selon lequel “qui sauve une seule vie, sauve le monde entier.”

 
 

Héros de l’humanité

Ce héros disparu de l’humanité, que l’Organisation des Nations Unies a appelé « le plus grand humaniste du 20e siècle », a fait la preuve qu’une seule personne peut changer les choses, qu’une seule personne peut résister au mal et en triompher.

En effet, en transformant l’histoire et en sauvant des « univers » humains, on peut considérer que l’incroyable action héroïque de Raoul Wallenberg a, du point de vue de la justice, présagé les principes fondamentaux des droits de la personne et du droit international humanitaire comme nous les connaissons aujourd’hui.

Il a notamment incarné les principes suivants:

  • D’abord par la distribution de Schutzpass, des passeports diplomatiques conférant l’immunité à leurs détenteurs, et par l’établissement de maisons-refuges offrant un asile diplomatique à leurs résidents. Raoul Wallenberg aurait sauvé 50 000 Juifs de cette manière seulement. Ses actes ont confirmé et validé le principe de l’immunité diplomatique, soit le recours à la protection diplomatique, un principe fondamental du droit international et un modèle de la capacité diplomatique à sauver des vies.

  • Ensuite, par la protection exceptionnelle qu’il a assurée à des civils au cœur même des horreurs de l’Holocauste, il a affiché le meilleur de ce que nous appelons aujourd’hui le droit international humanitaire.

  • Puis grâce à son organisation d’hôpitaux, de soupes populaires et d’orphelinats (la base de l’aide humanitaire internationale) qui, face aux pires horreurs et au mal, a redonné un semblant de dignité aux femmes, aux enfants, aux malades et aux vieillards, il a incarné le meilleur de l’intervention humanitaire internationale comme nous la connaissons aujourd’hui.

  • Et en sauvant des Juifs d’une mort certaine, de la déportation ou d’atrocités, il a appliqué ce qui est devenu le principe de la responsabilité de protéger.

  • Enfin, le dernier sauvetage accompli par Raoul Wallenberg est sans doute le plus mémorable. Alors que les nazis avançaient sur Budapest en menaçant de faire sauter le ghetto et de liquider les Juifs qui s’y trouvaient encore, Raoul Wallenberg a averti les généraux nazis qu’ils seraient tenus responsables et traduits en justice, voire exécutés, pour crimes de guerre et pour crimes contre l’humanité. Les généraux nazis se sont alors repliés et 70 000 autres juifs ont eu la vie sauve grâce au courage indomptable d’une seule personne qui était prête à affronter le mal absolu. En prévenant les généraux nazis qu’ils porteraient la responsabilité de leurs crimes de guerre, Raoul Wallenberg a semé les principes de Nuremberg et de ce que nous appelons aujourd’hui le droit pénal international.

L’héroïsme de Raoul Wallenberg a incarné les leçons universelles de l’Holocauste, et celles-ci trouvent un écho contemporain sur la scène internationale et revêtent de l’importance pour notre époque:

  • Les dangers de l’oubli – la responsabilité de se souvenir;

  • Les dangers de l’incitation à la haine et au génocide sanctionnée par l’État – la responsabilité de prévenir;

  • Les dangers de l’indifférence et de l’inaction – la responsabilité d’agir;

  • Les dangers de l’impunité – la responsabilité de traduire les criminels de guerre devant la justice;

  • Les dangers des atrocités de masse – la responsabilité de protéger;

  • Les dangers de La Trahison des Clercs – la responsabilité de donner l’heure juste aux personnes au pouvoir;

  • Les dangers de la race et de l’antisémitisme – la responsabilité d’affronter et de combattre.

Pourtant, après avoir sauvé tant de vies, Raoul Wallenberg n’a pas été sauvé par ceux qui étaient en mesure de le faire. Au lieu de le traiter comme le libérateur qu’il était, les Soviétiques, eux-mêmes entrés en Hongrie en libérateurs le 17 janvier 1945, l’ont emprisonné. Il a disparu dans un goulag et les Soviétiques ont d’abord affirmé qu’il était mort en juillet 1947, puis qu’il avait été assassiné, aussi en juillet 1947.

Cependant, ces déclarations ont été contredites par plusieurs enquêtes dont celle de la Commission d’enquête internationale sur le sort de Raoul Wallenberg, dont l’instigateur était le frère de celui-ci, feu Guy von Dardel, de Suède, et à laquelle ont participé le professeur Irwin Cotler, le lauréat américain du prix Nobel de la paix Elie Wiesel, l’universitaire soviétique Mikhail Chlenov et l’ancien procureur général d’Israël Gideon Hausner.

En effet, en 1985, une cour fédérale américaine a conclu qu’il existait des preuves « irréfutables » que Raoul Wallenberg avait vécu après 1947, « convaincantes » qu’il était vivant dans les années 1960 et « crédibles » qu’il vivait toujours dans les années 1980, mais ce qu’il est advenu de lui reste un mystère.

Récemment, sous la houlette de Suzanne Berger, chercheuse de longue date, un groupe d’experts internationaux a lancé un nouveau projet de recherche international, la Raoul Wallenberg Research Initiative (RWI-70). Le groupe a organisé une table ronde internationale sur l’affaire Wallenberg afin de puiser dans l’expérience et l’expertise des chercheurs pour élaborer un plan directeur dans le but de trouver des réponses et de discuter de la manière d’obtenir l’accès à des documents essentiels dans les archives russes et d’autres archives internationales, comme l’a expliqué Suzanne Berger.

Surtout, ce groupe cherche à obtenir justice pour Raoul Wallenberg, ce qui a toujours été refusé, afin de percer les secrets de l’histoire pour que nous, et plus particulièrement sa malheureuse famille, puissions enfin apprendre la vérité à propos de ce héros disparu de l’humanité, cette incarnation du courage moral et de l’action. En ce qui nous concerne, “nous n’avons pas d’autre choix.”